350 ans d'histoire

350 ans d'histoire


Les Jésuites, seigneurs de La Prairie, s'y installent en 1667 afin d'y fonder leur mission amérindienne. Des colons français les suivront de peu.

En 1691, le fort de bois de La Prairie est le théâtre d'un affrontement majeur entre les troupes de la Marine et une expédition anglo-iroquoise venue d'Albany (État de New York).

Après la Conquête, La Prairie connaît une période de prospérité marquée en 1836 par la construction du premier chemin de fer au Canada, la reliant à Saint-Jean-sur-Richelieu. Les bateaux à vapeur assurent un lien maritime vital avec Montréal.

La municipalité de La Prairie est fondée en 1845 et obtient le statut de ville en 1909.

À la suite de l'ouverture de la voie maritime du Saint-Laurent en 1959, La Prairie est désormais protégée des inondations annuelles.

Trois cent cinquante ans plus tard, La Prairie est à un moment clé de son développement. Elle relève les défis qui se présentent à elle en impliquant ses citoyens, en préservant l’environnement, en stimulant l’économie et en mettant en valeur son caractère historique !


LE BATEAU À VAPEUR ET LE CHEMIN DE FER À L’ORIGINE DE L’ESSOR ÉCONOMIQUE DE LA PRAIRIE

Pendant la première moitié du 19e siècle, La Prairie connaît un essor économique sans précédent basé sur l’avènement du bateau à vapeur et sur la construction du premier chemin de fer au Canada. Le transport des marchandises et des voyageurs en sera décuplé.

C’est grâce au brasseur John Molson père que le bateau à vapeur fait son apparition sur le Saint-Laurent. D’ailleurs, Molson se fait davantage connaître par ses bateaux que par sa bière. En 1809, il se lance donc dans la construction de L’Accommodation, navire fabriqué de toutes pièces au Bas-Canada. Ce sera le premier bâtiment mû à la vapeur à relier Montréal à Québec.

Les bateaux à vapeur révolutionnent ainsi l’histoire des transports au Québec et au Canada en multipliant les liaisons. En fait, l’important n’est pas tellement la vitesse ou le tonnage des bateaux, somme toute assez faibles, mais plutôt le respect d’horaires fixes. Cet élément permettra d’augmenter la navigation sur le fleuve de manière considérable et de développer les routes de communication. La Prairie demeure I'axe privilégié du système routier. Puisque les bateaux à vapeur assurent la liaison de dix kilomètres jusqu’à Montréal, c’est la voie la plus empruntée par les Américains pour se rendre sur l’île et par les Canadiens pour accéder à la rivière Richelieu ou aux États-Unis. La navigation à vapeur sur le Saint-Laurent connaîtra son apogée vers 1845. Dans les archives, on retrace en particulier le Laprairie, 2e du nom, un bâtiment construit à Montréal en 1867, puis reconstruit à Sorel en 1894. Il finira par brûler au quai de La Prairie une quinzaine d’années plus tard.

En 1830, alors que l’Angleterre réduit ses relations commerciales avec le Bas-Canada, la bourgeoisie d’affaires montréalaise, dont fait partie la famille Molson, se tourne vers le commerce du bois avec l’État de New York. Comme le perçage du canal de Chambly n’avance pas assez vite, le gouvernement opte pour la première liaison ferroviaire au Canada, celle entre La Prairie et Saint-Jean, anciennement Dorchester, et confie le mandat à la bourgeoisie d’affaires montréalaise. Constituée spécialement pour la construction de la ligne reliant les deux cours d’eau, la Champlain and St. Lawrence Railroad Company peine à trouver des capitaux pour commencer le chantier.

C’est à ce moment que John Molson investit dans le chemin de fer. Avec Peter McGill, ils deviennent les deux premiers actionnaires de la Champlain and St. Lawrence Railroad Company.

En 1835-1836, les gares de La Prairie et de Saint-Jean sont construites de même que les quais pour les bateaux à vapeur et la ligne de chemin de fer, ou plutôt le chemin à lisses, car les rails de l’époque sont fabriqués en bois et coiffés d’une bande de métal. La locomotive Dorchester, un modèle 0-4-0 construit à New Castle en Angleterre, est assemblée dans les ateliers Molson de Montréal en 1836. C’est elle qui inaugurera le nouveau tronçon ferroviaire le 21 juillet en parcourant les 23 km entre La Prairie et Saint-Jean.

Dans la mesure où il faut manipuler les marchandises quatre fois durant le trajet, les profits de la compagnie plafonnent. Les premiers chemins de fer – et notamment le tracé du Grand Tronc en 1854 – se multiplient à grande vitesse et bouleversent l’économie tout entière de la région. L’ouverture de la ligne Montréal-Portland en 1853 et la construction du pont Victoria en 1860 sonnent le glas du tronçon La Prairie-Saint-Jean. La Champlain and St. Lawrence Railroad Company sera absorbée en 1873 par la Compagnie de chemin de fer du Grand Tronc du Canada, qui n’est nulle autre que le CN d’aujourd’hui.


 

LA BRIQUETERIE, UN NOUVEL ÉLAN ÉCONOMIQUE POUR LA PRAIRIE

 

Bien que les débuts de la fabrication de briques à La Prairie ne soient pas connus précisément, les riches gisements d’argile de la commune découverts en 1890 lui assurent un avenir prometteur dans cette branche d’activité. Le schiste argileux, riche en oxyde de fer, donne à la brique de La Prairie sa couleur rouge sang caractéristique. Ce type de brique est également reconnu à travers tout le nord-est de l’Amérique pour sa durabilité ; on l’appelle d’ailleurs la « steel brick », la « brique d’acier ». Il est même possible que la poudrière du Fort Lennox, érigé en 1820, et les casernes militaires de La Prairie aient été construites avec des briques fabriquées de manière artisanale à La Prairie dans ces années-là.

Selon certains documents d’archives, l’ouverture des premières briqueteries date de la fin du 19e siècle et nécessite l’empiétement d’une superficie de 50 arpents, environ 20 hectares, sur le territoire de la commune afin d’exploiter l’argile contenue dans le sol. En mai 1905, une parcelle de 109 arpents passe aux mains de la Laprairie Brick Co. et, en 1907, une superficie équivalente est cédée par contrat à la Saint Lawrence Pressed Brick Ltd. Le mandat de cette dernière couvre un vaste secteur d’activités : érection de ponts, développement et exploitation des forces hydrauliques, construction et exploitation de chemins de fer. Les deux entreprises se voisinent durant plusieurs décennies sur le territoire de la commune. Leur présence dynamise l’emploi d’ouvriers et donne un élan certain au niveau de vie de la municipalité. La production annuelle de briques d’argile atteint les 64 millions en 1913 – 2,5 millions de briques vitrifiées serviront à la construction des nouveaux locaux de l’Université de Montréal en 1930.

Au milieu des années 1920, la Saint Lawrence Pressed Brick, dont la spécialité réside dans la brique cuite au gaz, emploie 300 hommes. Le 24 avril 1924, une charte est établie au nom de La Briqueterie Saint-Laurent ltée. Durant les années qui suivent, la production de briques ne cesse d’augmenter à La Prairie.

En 1970, la Briqueterie Saint-Laurent construit une nouvelle usine pour remplacer les installations rendues vétustes. On atteint alors les 25 millions de briques produites annuellement. C’est en 1973 que Jannock ltée achète La Briqueterie Saint-Laurent qui devient l’usine n° 1 tandis que La Laprairie Brick Co. deviendra l’usine n° 2 à la suite de son acquisition en 1985. À la fin des années 1980, les deux usines produisent annuellement 55 millions de briques chacune. Elles constituent alors le plus important manufacturier de briques d’argile à l’est de l’Outaouais. De nos jours, l’usine n° 2 abrite l’actuelle Hanson Briques, une division de Heidelberg Cement Group, le 4e plus gros producteur de ciment au monde. Hanson Briques est l’un des plus importants manufacturiers de briques en argile cuite au Canada et le seul au Québec, avec une quarantaine d’employés et une production annuelle de quelque 45 millions d’unités.